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	<title>Coutumes et traditions de l&#039;Oisans &#187; Anecdotes</title>
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	<description>Le site des traditions de l&#039;Oisans</description>
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		<title>Le Haut Oisans pendant l’hiver en 1928</title>
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		<pubDate>Sat, 04 Dec 2010 10:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes]]></category>

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		<description><![CDATA[Accroché au flanc d’un autre versant, il semble de loin un vrai bourg. Les maisons se touchent comme pour se protéger mutuellement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: small;"><strong>Extrait de l&#8217;article paru dans le Dauphiné du dimanche 25 mars 1928</strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>ADI PER 969/23  Le Dauphiné </strong></span></p>
<p><span style="font-size: small;">Un hiver en montagne n’est pas triste comme dans la plaine on pourrait l’imaginer. Je viens de passer l’hiver à Huez en Oisans (1 500 m.). </span></p>
<p><span style="font-size: small;">Accroché au flanc d’un autre versant, il semble de loin un vrai bourg. Les maisons se touchent comme pour se protéger mutuellement. Et en effet, groupées ainsi, elles sont plus fortes pour résister à la rafale qui souvent en sifflant dévale par les rues du village courbe les arbres, arrache les volets, renverse les gens avec leurs seaux de lait. Huez, naguère village important, compte aujourd’hui à peu près 300 habitants, comme il y a 80 ans. La moitié de ses maisons sont abandonnées et tombent en ruines. Cette dépopulation vient de ce qu’à Huez les familles sont peu riches en enfants si elles le sont autrement. Si encore ces enfants restaient au pays, la population se maintiendrait, mais il sont attirés par la ville. Les hommes qui s’en vont bergers dans le Midi ou voyageurs ambulants racontent la vie facile des villes et des plaines, et beaucoup de jeunes désertent la montagne et les champs paternels pour s’en aller petits fonctionnaires dans les grands centres, ou bonnes dans les villes. A la vie libre des montagnes, ils préfèrent la servitude des villes ; à l’air pur et au ciel bleu ils préfèrent l’air vicié et le ciel gris. Mais ils sont <em>en ville</em> ; et au pays telle famille parle avec fierté de son fils agent de ville à Marseille, et de sa fille femme de chambre à Paris, etc..</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Les maisons sont en pierres et recouvertes d’ardoises d’Ornon. Elles ont une couleur grise uniforme. Le toit est très en pente afin que la neige ne s’accumule pas et puisse <em>décharger</em> seule. En général, les maisons n’ont qu’un rez-de-chaussée et un étage. On entre de plein-pied dans la cuisine qui est en même temps chambre à coucher. Ces cuisines sont très grandes ; le poêle, la table, les vieux buffets, les lits de la maison, tout y trouve place. Les enfants et les parents, les bébés, tout le monde couche dans la cuisine pour avoir plus chaud. Et cela dans presque toutes les maisons de <em>Vru</em>, comme ils disent. Par une porte donnant dans la cuisine on pénètre dans l’écurie. Là vivent en commun tous les animaux : poules, lapins, chèvres, vaches, mulets, etc., excepté le porc qui, à cause de son «parfum», est tenu en dehors de la maison. Cependant, dès qu’on ouvre la porte de l’écurie, une odeur forte de fumier vous prend à la gorge. C’est que de tout l’hiver, on ne sort guère le fumier, la neige recouvrant le champ où il doit être étendu. Aussi, au printemps, l’écurie en est à moitié pleine. Au-dessus de l’écurie, au premier étage se trouve la grange et à côté une belle pièce, «la chambre», où on n’entre pas souvent. C’est la pièce où sont les portraits de famille, les beaux meubles. C’est celle qu’on donne aux parents qui viennent au pays. Il en vient du reste peu souvent.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_1799" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><span><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Huez.jpg" rel='lytebox[le-haut-oisans-pendant-l%e2%80%99hiver-en-1928]'><img class="size-medium wp-image-1799" title="Huez" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Huez-300x192.jpg" alt="" width="300" height="192" /></a></span><p class="wp-caption-text">village d&#39;Huez 1928</p></div>
<p>Beaucoup d’habitants sont parents. Autrefois les chemins rares et mal entretenus isolaient les villages, et les jeunes gens ne se mariaient qu’entre-eux. Aujourd’hui des chemins sont ouverts, mais cette coutume subsiste cependant et une sorte de méfiance va à la femme qui est d’un village voisin. Les femmes qui viennent du dehors ont des habitudes particulières à leur village : elles mettent leur mouchoir sur la tête d’une certaine façon ; leurs bêtes sont soignées différemment, elles ont une autre manière de faire les trousses de foin et les bissacs pour porter le fumier dans les terres.</p>
<p><span style="font-size: small;">Les hommes sont moins occupés, ceux qui restent au pays s’entend. Car ils sont nombreux ceux qui laissent leur femmes seules pour tout le travail des bêtes et qui vont faire les marchands ambulants, les porteballes. Ils vendent des lunettes, de la mercerie, des étoffes, etc., et s’en vont parfois très loin. Certains demeurent dans la région, mais le plus grand nombre va jusqu’en Auvergne et dans le Jura. (Des communes voisines, Venosc, Mont-de-Lans, on va jusqu’en Russie et en Amérique). D’autres vont garder les troupeaux dans le Midi et au printemps ils remonteront avec eux dans les Alpes. Pendant ce temps, les femmes soignent le bétail, traient les vaches et, par les chemins rampants et glacés, portent le lait à la fruitière. Les hommes au pays rempaillent les chaises, refont les trousses pour le foin, promènent les cochons au soleil. Lorsqu’ils n’ont plus de foin, ils vont <em>à l’Alpe</em> (aux chalets d’été) en chercher. Dans la neige jusqu’à la poitrine ils grimpent et cherchent leur maison. Ils sont obligés de <em>peller </em>ou de faire un tunnel pour arriver jusqu’à leur grange. Sur le dos ou sur un traîneau qu’ils retiennent, ils descendent leur trousse le long de la pente raide.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Malgré le travail des bêtes et le raccommodage des vêtements entassés depuis l’été, cette année une industrie nouvelle s’est implantée à Huez et a pris les femmes : ce sont les perles pour couronnes. A la veillée, elles se réunissent les unes chez les autres ; en même temps que les perles ou les aiguilles, les langues <em>marchent</em> ; parfois l’une chante ou conte une histoire et le temps s’écoule, car les veillées sont longues en hiver. Elles commencent à 5 heures et se terminent vers 10 heures. On leur apporte des perles et les femmes en font des feuilles et des fleurs funéraires. </span></p>
<p><span style="font-size: small;"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Perles01-SIT.jpg" rel='lytebox[le-haut-oisans-pendant-l%e2%80%99hiver-en-1928]'><img class="alignleft size-medium wp-image-1800" title="Perles01 SIT" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Perles01-SIT-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a></span><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Perles02-SIT1.jpg" rel='lytebox[le-haut-oisans-pendant-l%e2%80%99hiver-en-1928]'><img class="aligncenter size-medium wp-image-1802" title="Perles02 SIT" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/11/Perles02-SIT1-276x300.jpg" alt="" width="276" height="300" /></a></p>
<p><span style="font-size: small;">Pendant ce temps les enfants vont à l’école ; les pupilles de l’Assistance de 12 et 14 ans, qui sont nombreux dans l’Oisans, font le travail de la maison et ont soin des bêtes.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">La fruitière fournit le moyen de faire des économies. Il y a à Huez trois fruitières. Chaque famille porte matin et soir le lait de ses vaches, en rapporte le petit-lait et en fait du beurre. Le fruitier fabrique des fromages bleus, dits d’Huez.  Cela fait qu&#8217;ils touchent de la fruitière une jolie somme à la fin du mois, et ils peuvent ainsi supporter les rigueurs des longs hivers de montagne<strong>. </strong></span></p>
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		<title>Ancienne coutume Uissane</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Nov 2010 05:00:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>

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		<description><![CDATA[Une lettre de Georges de Layens, écrite à sa nièce le 8 décembre 1873 (voir l'article l'ermite d'Huez) Donnera une idée de certaines coutumes du pays à cette époque :]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: small;">Une lettre de Georges de Layens,<span style="font-size: small;"> écrite à sa nièce le 8 décembre 1873 (voir l&#8217;article l&#8217;ermite d&#8217;Huez)</span><br />
Donnera une idée de certaines coutumes du pays à cette époque :</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_1741" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><span><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/huez-sit.jpg" rel='lytebox[ancienne-coutume-uissane]'><img class="size-medium wp-image-1741" title="huez sit" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/huez-sit-300x225.jpg" alt="" width="200" height="150" /></a></span><p class="wp-caption-text">Huez en Oisans</p></div>
<p><span style="font-size: small;">«Tu me demandes de te parler des fêtes de la Toussaint à Huez. Je vais te raconter ce que j’ai vu.<br />
«D’abord, il faut te dire que c’est ici le pays des sonneries de cloches.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">«Le dimanche, pour annoncer la messe, qui commence à dix heures, on sonne à huit heures, puis à neuf heures, puis un peu avant dix heures et, après cette dernière sonnerie, on tinte ce qu’on appelle les trente coups, et cela veut dire que la messe va bientôt être célébrée. Alors, le prêtre va à l’autel et récite la passion ; pendant tout ce temps on tinte encore. Enfin, au véritable commencement de la messe on sonne les trois coups ; puis on sonne encore plusieurs fois pendant la messe et à la fin.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_1743" class="wp-caption alignright" style="width: 210px"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/eglhuez-sit.jpg" rel='lytebox[ancienne-coutume-uissane]'><img class="size-medium wp-image-1743" title="eglhuez sit" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/eglhuez-sit-300x225.jpg" alt="" width="200" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Eglise d&#39;Huez</p></div>
<p><span style="font-size: small;"><br />
</span></p>
<p><span style="font-size: small;">«Mais la veille du jour des morts, la sonnerie est une affaire autrement grave. Le sonneur, et son frère, le garde, chargent un mulet de liquides et de solides et se dirigent vers Saint-Ferréol, à un quart d’heure au-dessous d’Huez. Saint-Ferréol c’est l’ancien clocher de la vieille église d’Huez, car à la suite d’incendies et d’avalanches le village s’est déplacé ; c’est là que sont les grosses cloches, qui sonnent en plus des autres non seulement pour les grandes fêtes, mais pour tout enterrement, baptêmes ou mariage. Aucune de ces cérémonies ne peut avoir lieu sans les cloches de Saint-Ferréol.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> </span></p>
<div id="attachment_1746" class="wp-caption alignleft" style="width: 210px"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/saint-ferr-sit1.jpg" rel='lytebox[ancienne-coutume-uissane]'><img class="size-medium wp-image-1746" title="saint ferr sit" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/saint-ferr-sit1-225x300.jpg" alt="" width="200" height="267" /></a><p class="wp-caption-text">Eglise Saint Ferréol </p></div>
<p><span style="font-size: small;">«A quatre heures du soir, les grosses cloches commencent à retentir et, de cinq en cinq minutes, la sonnerie reprend, sans discontinuer, jusqu’au lendemain à dix heures du matin, heure à laquelle la rage de sonner arrive à son comble, par suite des vapeurs vineuses qui se sont concentrées toute la nuit dans le cerveau du sonneur et dans celui de son honorable frère.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">«Mais s’ils sonnent ainsi alternativement pendant dix-huit heures de suite, ils sont largement payés de leur peine, car cette seule sonnerie leur permet de vivre pour rien pendant la moitié de l’année. En effet, pour eux, l’après-midi du lendemain est consacrée à aller de porte à porte recueillir l’offrande que chacun leur donne en argent ou, plus souvent, en nature.</span></p>
<p><span style="font-size: small;"> <a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/psf-sit_3.jpg" rel='lytebox[ancienne-coutume-uissane]'><img class="alignright size-medium wp-image-1754" title="psf sit_3" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/psf-sit_3-103x300.jpg" alt="" width="103" height="300" /></a><br />
</span></p>
<p><span style="font-size: small;"><br />
</span></p>
<p><span style="font-size: small;">«Le soir du jour des morts, il est de toute nécessité que chaque habitant d’Huez mange des «creusets», et j’ai été invité à venir prendre ma part. Les <em>creusets </em>sont des boules de farine cuites dans l’eau, et ensuite dans du beurre ; c’est horriblement mauvais, mais il m’a fallu en manger un grand nombre, et faire bonne mine en les avalant.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">«Un usage, qui était encore général il y a vingt ans ou trente ans, était de mettre, le soir, à chaque fenêtre de toute les maisons, un plat de creusets que les morts devaient manger pendant la nuit, et qui servaient de régal aux enfants dès le premier matin. Il n’y a plus que quelques maisons qui donnent ainsi leur repas annuel aux trépassés.»</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Georges de Layens</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Source Dauphiné Jeudi 30 Juin 1898  n°2012  Gaston Bonnier   ADI PER969/13</span></p>
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		<title>L&#8217;Ermite d&#8217;Huez</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Oct 2010 07:12:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Biographie]]></category>
		<category><![CDATA[Récits]]></category>

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		<description><![CDATA[Georges de Layens, lauréat de l'Académie des Sciences 1834 - 1897
C’est en effet, à Huez, dans l’Oisans qui était devenu son pays de prédilection, qu’il a établi, en 1869, les premières ruches qui portent son nom,au début du mois d’avril de 1869 il se rendit au Bourg d’Oisans, partit dès le premier matin pour Huez et qui est situé 1 500 mètres d'altitude.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Georges de Layens, le Maître de l&#8217;Apiculture Française.</p>
<div id="attachment_1721" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/s1Georges-de-Layens1.jpg" rel='lytebox[lermite-dhuez]'><img class="size-medium wp-image-1721 " title="s1Georges de Layens" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/s1Georges-de-Layens1-300x246.jpg" alt="" width="300" height="246" /></a><p class="wp-caption-text">Georges de Layens</p></div>
<p><strong>Georges de Layens, lauréat de l&#8217;Académie des Sciences 1834  &#8211; 1897</strong><br />
C’est en effet, à Huez, dans l’Oisans qui était devenu son pays de prédilection, qu’il a établi, en 1869, les premières ruches qui portent son nom, au début du mois d’avril de 1869 il se rendit au Bourg d’Oisans, partit dès le premier matin pour Huez et qui est situé 1 500 mètres d&#8217;altitude.</p>
<p><strong>Extrait d&#8217;une lettre de Georges de Layens.</strong><br />
<em>«J’ai passé toute ma journée à aller d’un chalet à un autre, et partout parfaite réception (ce qu’on me disait de l’hospitalité proverbiale des habitants de l’Isère est tout à fait exacte). J’ai été jusqu’au chalet le plus élevé, à plus de 2 000 mètres d’altitude, et j’y ai goûté du beurre frais remarquablement bon avec un fin goût de plantes alpestres. J’ai bien envie d’établir mon premier rucher dans l’un de ces chalets.»</em></p>
<p>C’est en effet ce qu’il décida aussitôt. De tous les chalets d’Huez, il n’en trouva qu’un à louer. Ce chalet se trouvait à 1 750 mètres d’altitude, sur le chemin qui va d’Huez au plateau de Brandes. Construit en pierres grossières, revêtu d’un immense toit couvert de grosses plaques d’ardoise, ouvert à tous les vents, ne pouvant être chauffé qu’avec de la tourbe qui remplit tout l’intérieur d’une épaisse fumée, c’est le vieux chalet dauphinois dans toute sa simplicité. En jetant un regard à l’intérieur du chalet,autour de quelques semblants de meubles se trouvaient partout des caisses. Du côté de l’entrée, c’était le matériel d’apiculture et l’atelier : ruches à cadres en construction, nourrisseurs, rayons amorcés avec de vieilles bâtisses de cire, etc. A gauche, se trouvaient les appareils de photographies, et à cette époque, où le procédé du gélatino était encore inconnu, le matériel occupait une place assez grande. A droite, une caisse servait de table de travail. On y voyait un microscope, une loupe montée et, au-dessus, sur une planche, une petite bibliothèque de livres de botanique. En face, du côté de la soi-disant cheminée, sorte de trou carré percé dans le toit, se trouvait une provision de tourbe.</p>
<p>C’est dans ce capharnaüm que Georges de Layens construisit les premières ruches à cadres du système qui porte maintenant son nom, qu’il imagina divers instruments d’apiculture tels que le nourrisseur Layens et l’enfumoir automatique. C’est auprès de ce chalet qu’il entreprit des expériences préliminaires sur le nourrissement des colonies d’abeilles au printemps et sur l’hivernage des ruches.<br />
Mais cette organisation sommaire ne devait pas subsister longtemps, et pendant l’hiver le chalet ne pouvait être occupé.Georges de Layens finit par loger à Huez même, où il trouva une petite maison avec un jardin ; puis il acheta un terrain un peu plus loin sur le revers de la montagne, au-dessus de la gorge profonde où se précipite le torrent de Sarenne, en face des beaux sapins de la forêt de l’Homme. Là, il fit construire un petit laboratoire en planches, établit de plus nombreuses ruches, expérimenta par lui-même toutes les méthodes les plus compliquées de la culture des abeilles,</p>
<p>M. de Layens avait beaucoup de peine à se procurer des colonies d’abeilles, car en Dauphiné on ne vend pas des ruches : «cela porte malheur».</p>
<p>L’âge d’or d’Huez devait se terminer en 1875, et c’est dans une toute autre partie du Dauphiné, à Luzinay, près de Vienne, ensuite à Louye département de l’Eure, que Georges de Layens reprit en grand ses expériences et qui devaient établir la grande réputation du Maître de l’apiculture.</p>
<p>Cependant Huez ne fut jamais oublié. C’était le berceau de ses études aussi bien pour la botanique que pour la science apicole, et en 1883 il y retourna en pélerinage, retrouvant avec émotion le vieux village où rien n’était changé, la combe mugissante de Sarenne, la silhouette des chalets de l’Alpe, parmi lesquels se détachait celui qui avait été sa première habitation, et, de l’autre côté de la vallée, cette vue plus immuable encore des forêts de sapin et des glaciers.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/s2ruche-2.jpg" rel='lytebox[lermite-dhuez]'><img class="size-medium wp-image-1722   aligncenter" title="ruche de Layens" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/s2ruche-2-300x244.jpg" alt="" width="300" height="244" /><br />
</a>ruche de Layens<a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/10/s2ruche-2.jpg" rel='lytebox[lermite-dhuez]'></a></p>
<p style="text-align: left;"><span style="color: #888888;"><em><strong>Source </strong>Dauphiné Jeudi 30 Juin 1898  n°2012  Gaston Bonnier   ADI PER969/13</em></span></p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Texte paru dans le Petit Dauphinois</title>
		<link>http://coutumesethistoireenoisans.com/2010/09/texte-paru-dans-le-petit-dauphinois/</link>
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		<pubDate>Wed, 22 Sep 2010 05:50:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Gerard</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes]]></category>

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		<description><![CDATA[Me voudriaou bien counaisse un paou de français pé vous anoncia ura boura nouvella mé vous voudriez bien me pardoura ne say parla qu’en patois.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>ADI Per 699 / 40 — Petit Dauphinois — janvier &#8211; mars 1893</strong><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<div id="attachment_1633" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><strong><strong><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/09/OZ5.jpg" rel='lytebox[texte-paru-dans-le-petit-dauphinois]'><img class="size-full wp-image-1633 " title="OZ5" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/09/OZ5.jpg" alt="" width="199" height="149" /></a></strong></strong><p class="wp-caption-text">Oz en Oisans</p></div>
<p><strong>07 &#8211; 01 &#8211; 1893 : Oz en Oisans </strong></p>
<p>Moussieu le rédacteur dou pecchi Dauphinois à Grenoblou.</p>
<p>Me voudriaou bien counaisse un paou de français pé vous anoncia ura boura nouvella mé vous voudriez bien me pardoura ne say parla qu’en patois.<br />
Guste Perrin, le mounier de Veron vint de garda quoque tin Moussieu Broët, mécanicien à Grenoblou, pé installa la lumairi électriqua.<br />
Dès le proumier décembre chacun ayi sa lampi. Le conseil municipa a pas resta en retard, et à la session de novembre ou la vaouta un crédit pé éclairi noutrous chamins.<br />
Itien vous prove que lous Veroulié an rin a envia à lous citadins. Quand lé Vépre nous allin trouva noutre bon Philippe pé zi diré de bita la machina en train. Y sont proudigous à Vérou, zia de lampes tia dedin le z’étables.<br />
Faou vous figura que nous sin que trenta z’habitants, mè quand nous fasin tant la zia de Chambart ; Avô nous crien tous : « Vivent la scienci et la liberta ». Et si me vous diziaou que la jeunesse de noutre pays tire dejo des plans pe organisa l’inauguration en maimou tin que le vodou de Pendecoute. Y parlont dejo de fare éclairi le bal, su la placi pa de lampes multicolores</p>
<p>Qu’in diziaou, aimablous visiteurs de lous environs ? Vous rappeiaou le vodou de l’an passa ? et ben quet-an la sarai incou plus bravou.</p>
<p>Nous vous priou, Moussieu le rédacteur de vouliai bien m’escusa, lé un pourou montagnard qui vous parle et ou sari bien contin d’apprindre que lé z’attitré commurets dou Bourg van alla trouva Moussieu Broët pé le z’eclairi.</p>
<p>Allons, ou revai, faou que m’allou assaima.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/09/OZ6.jpg" rel='lytebox[texte-paru-dans-le-petit-dauphinois]'><img class="size-full wp-image-1634 alignnone" title="OZ6" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/09/OZ6.jpg" alt="" width="363" height="272" /></a><br />
Oz en Oisans</p>
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		<title>Correspondance Chritolette</title>
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		<pubDate>Sun, 30 May 2010 16:57:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Lionel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anecdotes]]></category>

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		<description><![CDATA[Un voyageur anglais qui a visité dernièrement l’Oisans, et qui est venu à St. Christophe, a fait insérer dans un journal de Provence un singulier récit de ses surprises et de ses émotions dans ce pays.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Dauphiné, dimanche 11 septembre 1864    A.D.I   PER 969/1</strong></p>
<p><strong>CORRESPONDANCE</strong><br />
<strong>St. Christophe en Oisans, le 6 septembre 1864</strong></p>
<p>Monsieur le rédacteur,</p>
<p><a href="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/05/val-bourg-doisans.jpg" rel='lytebox[correspondance-chritolette]'><img class="alignleft size-full wp-image-1367" title="cliquez-moi" src="http://coutumesethistoireenoisans.com/wp-content/uploads/2010/05/val-bourg-doisans.jpg" alt="" width="170" height="115" /></a>Un voyageur anglais qui a visité dernièrement l’Oisans, et qui est venu à St. Christophe, a fait insérer dans un journal de Provence un singulier récit de ses surprises et de ses émotions dans ce pays.<br />
Et comme, dans tout ce qu’il débite de la laideur, de l’horreur, de l’aspect hideux, du dénuement absolu de ce pays, il n’a pu avoir en vue que St. Christophe, mon lieu natal, j’ai pris la plume pour essayer de lui répondre.<br />
Je ne lui dirai pas cependant de bien gros mots, à ce brave homme, ses exagérations ridicules portent déjà avec elles leur peine. Il est aimable et bon, à ce que dit le journaliste, et il parait que dans ses impressions il a été victime d’une sensiblerie outrée. C’est pour la première fois, indubitablement, qu’il voit les Alpes, comment lui faire un crime des naïves terreurs qu’elles lui ont inspirées ? Et s’il tient à porter dans son pays quelques contes inédits sur la France, comment l’en empêcher ?<br />
Il était utile cependant de relever aux yeux du public cette excentricité britannique d’un nouveau genre.<br />
L’Anglais est venu d’Allevard au Bourg d’Oisans, par les Sept-Laux et la Cheminée du Diable. Il a vu par là rochers sur rochers, précipices à côté de précipices : ses yeux en ont été fascinés. Dès lors, il n’a plus vu que cela partout. Comme cet autre Anglais qui en débarquant en France pour la première fois, et voyant dans une auberge de Boulogne une servante aux cheveux roux, s’empressa d’écrire qu’en France toutes les servantes d’auberge avaient les cheveux roux.<br />
Si sa vue n’avait été troublée, il aurait pu, en passant à Oz et Allemont, remarquer le magnifique bassin occupé par ces deux communes. Il y avait pourtant bien là de quoi lui faire oublier la Cheminée du Diable. Cette splendide entrée de l’Oisans de ce côté devait le prévenir un peu en faveur du reste.<br />
Nullement ! la plaine si riche et si fertile du Bourg d’Oisans n’obtient pas plus ses faveurs, parce qu’il voit çà et là, à côté des forêts et des terrains cultivés, de grands rochers nus au-dessus desquels il y a des villages. Il a peur pour ces villages ; il lui semble qu’ils vont tomber dans le précipice, et alors il s’écrie : Pauvres âmes, pauvres Français !  Et il les a comptés, ces villages ; il y en a 22 pour tout l’Oisans !&#8230; Ce qui fait un peu moins de 140 villages ou hameaux dont se composent les 20 communes du canton. N’importe.<br />
Le Bourg d’Oisans lui-même ne peut le satisfaire, malgré l’importance qu’il accorde à ce village des rocs élevés et abrupts qui l’encadrent. Ce voyageur cherchait probablement dans les Alpes autre chose que les Alpes elles-mêmes.<br />
Il marche vers St. Christophe, et c’est à cette partie de l’Oisans qu’il réserve toutes ses aménités de touriste mécontent.Que se pays ne plaise pas à l’Anglais, c’est fâcheux. Je ne lui ferai pas de procès pour cela. A chacun son goût. C’est comme si, moi j’aimais l’Angleterre. Mais qu’il semble le bafouer, et que pour cela il invente, c’est autre chose.<br />
Cependant je suis mieux disposé pour lui lorsque je le vois s’apitoyer sur ce pays et sur les hommes qui l’habitent. A la vue de ses grandes montagnes, de ces rochers nus et élevés, de ses villages perchés, de sites enfin dont il n’avait pas d’idée, la tête lui a tournée. Il ne pouvait s’imaginer que des hommes, comme lui, fussent venus fixer là leur demeure. Nécessairement ils devaient être d’une nature tout autre que la sienne. Quoique en France, c’étaient des Lapons ou des Esquimaux, des sauvages, grelottant de froid au mois de juillet, alors que le reste du monde étouffait sous une chaleur tropicale. Il pousse des exclamations sur leur position, sur leur misère, et peu s’en faut qu’il ne demande à la pitié publique que l’on tire les habitants de l’Oisans de leur hideux pays pour les coloniser ailleurs.</p>
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